Engagement à long terme de pays pour la conservation de leurs plus grands carnivores

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Bonn, le 14 novembre 2018—Plus de 30 pays qui accueillent le lycaon, le guépard, le léopard et le lion se sont réunis à Bonn du 5 au 8 novembre 2018 pour mettre en place l’Initiative des carnivores d’Afrique. L’initiative constitue le premier engagement à l’échelle de l’Afrique pour sauver le lycaon, le guépard, le léopard et le lion.

 

La perte et la fragmentation des habitats, l’épuisement des proies, l’abattage en représailles de carnivores par les propriétaires de bétail et l’accroissement du commerce de spécimens de lions, ainsi que de guépards vivants sont les principales raisons du déclin rapide de ces animaux dans la plupart des pays africains.

Actuellement, les évaluations de la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) montrent que le lycaon habite 6 % de son aire de répartition historique, tandis que le guépard habite 9 % de la sienne, le léopard 51 % et le lion 17 %.

Soutenus par les experts du Groupe de spécialistes des félidés de l’UICN, les États de l’aire de répartition sont convenus à Bonn d’établir un programme de travail pour guider leurs actions de conservation dans les années à venir.

« Bien que l’histoire, la biologie et les menaces qui pèsent sur le lion, le guépard, le lycaon et le léopard diffèrent, leurs défis qui les concernent se recoupent considérablement et si les institutions et les pays impliqués dans leur conservation coopèrent étroitement et selon des concepts communs, nous pouvons être beaucoup plus efficaces — et économiser du temps et des ressources ».

Christine et Urs Breitenmoser, Co-Présidents du Groupe de spécialistes des félidés de la CSE/UICN

Les États de l’aire de répartition se sont mis d’accord sur les mesures prioritaires suivantes : élaborer et mettre en œuvre des stratégies de conservation pour chacune des quatre espèces ; créer et maintenir un réseau d’écosystèmes sains pour faire face à la menace de la fragmentation croissante des habitats, trouver des solutions aux conflits entre humains et animaux et faciliter la coexistence.

Il s’agit notamment d’avantages durables économiques et liés aux moyens de subsistance pour les communautés et de la réduction du coût de la vie aux côtés de la faune sauvage. L’amélioration de l’éducation et de la sensibilisation au sort des carnivores d’Afrique est nécessaire pour assurer le succès à long terme des actions de conservation.

Un nouveau réseau devrait être mis en place pour fournir un soutien technique, une formation et un encadrement aux coordonnateurs nationaux ainsi qu’une plate-forme pour des réunions régulières. L’échange continu d’informations facilitera la collaboration transfrontière.

Il est nécessaire de combler les lacunes dans les connaissances en utilisant des protocoles de surveillance pour les populations de grands carnivores afin de fournir suffisamment d’informations aux décideurs. Cela implique d’améliorer la capacité des États de l’aire de répartition à surveiller les populations des quatre espèces.

L’Initiative pour les carnivores d’Afrique est une collaboration unique entre les deux seuls traités mondiaux dont le mandat est de conserver les espèces menacées d’extinction. La Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) met l’accent sur de vastes mesures de conservation, telles que la protection des habitats, la création de corridors écologiques et l’atténuation des conflits entre les humains et la faune sauvage. La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) réglemente le commerce international et cherche à mettre fin au commerce illégal. En travaillant de concert, la CMS et la CITES peuvent aborder la conservation des quatre carnivores sous deux angles différents.

Selon Bradnee Chambers, Secrétaire exécutif de la CMS,« En unissant leurs forces, la CMS et la CITES mettent en commun leurs ressources et leur expertise qui permettront aux États de l’aire de répartition de conserver les carnivores phares d’Afrique d’une manière holistique. »

À l’issue de leur réunion de quatre jours, les États de l’aire de répartition ont adopté un communiqué, par lequel ils exposent les priorités et leur engagement et demandent à la communauté internationale de les soutenir dans leur entreprise. La réunion a été généreusement financée par les gouvernements de la Belgique, de l’Allemagne et de la Suisse.

Last updated on 12 December 2018