Dugong
Dugong © Lemga/Getty Images Signature
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Rapport mondial sur les dugongs : des lacunes urgentes en matière de conservation révélées et un appel à renforcer l’action régionale

Abou Dhabi, 12 octobre 2025 - La Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) a publié un rapport historique lors du Congrès mondial de la nature de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à Abou Dhabi, qui représente le bilan le plus exhaustif sur le statut et les besoins de conservation des dugongs à l’échelle mondiale depuis plus de deux décennies. Les dugongs sont des mammifères marins qui broutent des herbes marines et sont étroitement apparentés aux lamantins.

S’appuyant sur les contributions de plus de 70 scientifiques et experts, l’Évaluation mondiale du statut et des besoins en matière de conservation des dugongs présente un tableau préoccupant des populations de dugongs à l’échelle mondiale, tout en mettant en lumière des possibilités d’actions de conservation ciblées. Cette évaluation a été réalisée dans le cadre du Mémorandum d’entente sur la conservation et la gestion des dugongs (Dugong dugon) et de leurs habitats dans l’ensemble de leur aire de répartition (MdE Dugong de la CMS), établi sous l’égide de la CMS. Ce mémorandum vise à garantir la survie à long terme des dugongs et des habitats d’herbiers marins dont ils dépendent.

Principales conclusions

  • À l’échelle mondiale, le dugong est considéré comme « vulnérable à l’extinction », avec des variations régionales significatives. Les populations sont relativement en sécurité en Australie et dans le golfe Persique, mais elles sont en danger critique d’extinction ou éteintes en Afrique de l’Est, en Asie de l’Est et dans plusieurs territoires insulaires au large des côtes.
  • Il est indiqué que trois populations régionales — celles de l’Afrique de l’Est, des îles Nansei (Japon) et de la Nouvelle-Calédonie — sont en danger critique d’extinction ou en danger.
  • Les dugongs qui vivent dans de petits territoires insulaires isolés sont ceux qui courent le plus grand risque.
  • La présence de populations dépassant 100 individus n’a été confirmée que sur deux sites en Asie.
  • La diversité génétique est élevée dans les eaux australiennes, mais faible dans l’ouest de l’océan Indien et dans les territoires insulaires isolés, ce qui pourrait avoir un impact sur la résilience à long terme.
  • L’amélioration des méthodes d’enquête a permis d’estimer que la population mondiale est plus nombreuse qu’on ne le pensait, en particulier en Australie.

Les principales menaces liées aux activités humaines sont la perte de l’habitat et la dégradation, les changements climatiques, le bruit, la pollution chimique et plastique, les interactions avec les pêcheries et les collisions avec les navires, les récoltes traditionnelles et l’échouage des petits orphelins.

« Les dugongs sont des mammifères marins uniques qui jouent un rôle essentiel dans de nombreux écosystèmes océaniques du monde. Les conserver, ainsi que leurs habitats, revient à protéger des écosystèmes entiers qui profitent à la fois aux humains et à la nature », a déclaré Amy Fraenkel, Secrétaire exécutive de la CMS.

Les dugongs contribuent au maintien d’herbiers marins sains et peuvent consommer jusqu’à 30 kg d’herbiers marins par jour, qui constituent leur principale source de nourriture. En qualité d’ingénieurs de l’écosystème, les dugongs recyclent les nutriments grâce au broutage et préservent la productivité des prairies. Ces habitats constituent des zones de recherche de nourriture et de reproduction non seulement pour les dugongs, mais aussi pour d’autres espèces marines. Bien que les herbiers marins ne couvrent qu’environ 0,2 % de l’océan, ils stockent environ 10 % du carbone océanique en piégeant le CO₂ dans les sédiments des fonds marins grâce à leurs racines, ce qui les rend particulièrement efficaces pour atténuer le changement climatique. Dans certains environnements, ces prairies peuvent absorber le carbone à un rythme supérieur à celui des forêts tropicales.

Menaces et priorités de conservation

Les auteurs du rapport appellent à des mesures urgentes de conservation et de restauration, notamment :

  • La révision des données sur l’aire de répartition mondiale du dugong, notamment l’évaluation de onze « sous-populations » supplémentaires en vue de leur inscription sur la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
  • L’intégration de la cartographie de l’habitat des dugongs dans le 2030 Seagrass Breakthrough – un plan mondial visant à mettre un terme à la perte des herbiers marins, à doubler leur protection efficace et à intensifier leur restauration d’ici 2030, avec pour objectif la préservation de plus de 16 millions d’hectares.
  • La quantification de la valeur en carbone bleu des herbiers marins fréquentés par les dugongs afin de renforcer la justification des efforts de conservation et de restauration.
  • La mise en œuvre de mesures de protection pour la mégafaune côtière et de plans d’action régionaux afin de coordonner les efforts dans les zones où le nombre de dugongs est actuellement très faible.

Un appel à l’action pour les décideurs politiques et les partenaires

Les conclusions du rapport mettent en évidence la nécessité d’apporter des réponses politiques coordonnées fondées sur la science et d’investir à long terme dans la conservation du dugong. Le rapport encourage les gouvernements, les organismes régionaux et les organisations internationales à :

  • Accorder la priorité à la conservation des dugongs dans les stratégies et plans d’action nationaux en matière de biodiversité, notamment dans les régions où les populations sont les plus vulnérables.
  • Investir dans la cartographie et la restauration des habitats d’herbiers marins, notamment dans la mer Rouge, en Asie et dans les territoires insulaires du Pacifique, en reconnaissant le double rôle de ces habitats dans le soutien aux populations de dugongs et l’amélioration de la résilience climatique.
  • Soutenir l’élaboration et la mise en œuvre de cadres de conservation régionaux, notamment des initiatives transfrontières dans le cadre du MdE Dugong de la CMS.
  • Renforcer les efforts de conservation au niveau communautaire, en veillant à ce que les savoirs locaux et les moyens de subsistance soient intégrés dans les stratégies de protection du dugong.
  • Promouvoir une gestion durable des pêches, notamment par des mesures visant à réduire les prises accessoires et à atténuer l’impact des filets maillants.
  • Améliorer la collecte et le suivi de données, notamment dans les régions où les informations sur les populations de dugongs et les conditions de l’habitat sont limitées.

Commandé par la CMS et préparé par l’Université James Cook, le rapport a été élaboré avec le soutien généreux du gouvernement des Émirats arabes unis, par l’intermédiaire de l’Agence de l’environnement d’Abou Dhabi.

Réunion des Nations Unies sur la conservation de la vie sauvage afin de répondre aux menaces pesant sur les espèces migratrices

Du 23 au 29 mars 2026, il est prévu que des gouvernements, des scientifiques, des défenseurs de l’environnement, des peuples autochtones et communautés locales, des leaders environnementaux ainsi que la société civile du monde entier se réunissent lors de la 15e Session de la Conférence des Parties à la CMS (COP15 de la CMS) à Campo Grande, au Brésil. Cette réunion historique des Nations Unies sur la conservation de la vie sauvage traitera des défis urgents en matière de conservation auxquels sont confrontés les dugongs et des milliers d’autres espèces migratrices d’animaux sauvages.  

Lien vers le Rapport sur l’évaluation mondiale du statut et des besoins en matière de conservation des dugongs (en anglais)

NOTES AUX RÉDACTEURS

À propos de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS)

Traité environnemental des Nations Unies, la CMS constitue une plateforme mondiale pour la conservation et l’utilisation durable des animaux migrateurs et de leurs habitats. Ce traité unique rassemble les États et les experts des espèces sauvages pour répondre aux besoins de conservation des espèces migratrices terrestres, aquatiques et aviaires et de leurs habitats dans le monde entier. Depuis l’entrée en vigueur de la Convention en 1979, le nombre de ses membres n’a cessé d’augmenter pour atteindre 133 Parties venant d’Afrique, d’Amérique centrale et du Sud, d’Asie, d’Europe et d’Océanie. Pour en savoir plus, veuillez consulter le site à l’adresse suivante : https://www.cms.int/fr/

À propos du Mémorandum d’entente sur la conservation et la gestion des dugongs (Dugong dugon) et de leurs habitats dans l’ensemble de leur aire de répartition (MdE Dugong de la CMS)

Le Mémorandum d’entente sur la conservation et la gestion des dugongs et de leurs habitats dans l’ensemble de leur aire de répartition (MdE Dugong de la CMS) vise à promouvoir des actions coordonnées au niveau international pour garantir la survie à long terme des dugongs et de leurs habitats d’herbiers marins dans l’ensemble de leur vaste aire de répartition Le MdE Dugong de la CMS offre une plateforme essentielle pour la collaboration entre plus de 40 États de l’aire de répartition, permettant un apprentissage commun, une action coordonnée et la mobilisation de ressources.

Le MdE Dugong est administré par le Bureau de la CMS à Abou Dhabi, aux côtés de l’Unité de coordination du MdE Rapaces. Le Secrétariat du MdE Dugong est financé et hébergé par l’Agence de l’environnement d’Abou Dhabi, au nom du gouvernement des Émirats arabes unis.

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez consulter le site à l’adresse suivante : https://dugong.cms.int/fr

CONTACT PRESSE 

For more information or press interview requests, please contact Aydin Bahramlouian, Public Information Officer, CMS Secretariat at +49 228 815 2428, [email protected]