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De nouvelles cartes documentent la plus grande migration d’animaux terrestres au monde, à travers le Soudan du Sud et l’Éthiopie

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

De nouvelles cartes documentent la plus grande migration d’animaux terrestres au monde, à travers le Soudan du Sud et l’Éthiopie

Ces cartes détaillées des migrations pourront éclairer les projets d’infrastructure et la planification de la conservation de manière à protéger plus de 5 millions d’animaux migrateurs

 

BONN, 30 avril 2025 – De nouvelles cartes, publiées ce jour, documentent avec une précision inédite les mouvements saisonniers de deux espèces d’antilopes migratrices, à savoir le cobe de Buffon à oreilles blanches* et le tiang (Damaliscus lunatus), à travers les vastes zones humides du Soudan du Sud et le parc national de Gambela en Éthiopie. Couvrant une superficie de plus de 100 000 km², soit environ sept fois la taille du parc national du Serengeti, ces cartes mettent en évidence la plus grande migration de mammifères terrestres connue sur Terre, également connue sous le nom de « grande migration du Nil ».

Environ 5 millions de cobes et 400 000 tiangs, ainsi que d’autres mammifères à sabots (appartenant à la famille des ongulés), entreprennent chaque année des voyages difficiles sur de longues distances pour accéder aux habitats qui leur sont essentiels pendant les saisons humides et sèches. Leurs itinéraires les mènent vers les parcs nationaux de Bandingilo et de Boma, au Soudan du Sud. Certains migrent plus au nord, vers le parc national de Gambela en Éthiopie, un refuge important pendant la saison sèche, en particulier pour le cobe, de février à mai.

Les cartes des migrations récemment publiées font partie de l’Atlas de la migration des ongulés élaboré par l’Initiative mondiale sur la migration des ongulés (GIUM) dans le cadre de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS). Librement accessibles en ligne, l’Atlas et ces nouvelles cartes visent à appuyer la planification de la conservation, le développement des infrastructures et l’élaboration des politiques en vue de maintenir une connectivité écologique fondamentale, préservant ainsi des habitats essentiels pour les espèces migratrices tout en réduisant le risque de conflit entre l’homme et la faune sauvage.

« Les cartes migratoires détaillées que nous présentons aujourd’hui mettent en évidence l’interconnexion des paysages du Soudan du Sud et de l’Éthiopie et soulignent l’urgence de trouver un équilibre entre le développement des infrastructures et la survie des espèces migratrices. Elles nous rappellent à quel point il importe de préserver ces corridors pour la santé des écosystèmes et la prospérité des populations d’espèces sauvages, ainsi que la réduction des interactions entre l’homme et la faune sauvage », a déclaré Amy Fraenkel, Secrétaire exécutive de la CMS.

Les cartes s’appuient sur de récents relevés aériens et sur les données de suivi publiées en juin 2024 par African Parks et le Ministère du tourisme et de la protection de la faune sauvage du Soudan du Sud. Ces relevés ont permis aux biologistes d’estimer la présence d’environ 5 à 7 millions d’animaux migrateurs répartis en quatre espèces : le cobe de Buffon à oreilles blanches, le tiang, la gazelle de Mongalla et le cobe des roseaux. En ce qui concerne le cobe, les cartes permettent d’élargir considérablement les études de suivi antérieurement menées par l’Autorité éthiopienne de conservation de la faune sauvage (2013-2015) et offrent de nouvelles perspectives sur la manière dont les voies de migrations relient les habitats essentiels au-delà des frontières internationales.

« Il est à la fois prodigieux et impressionnant de constater l’ampleur de ces migrations, » a déclaré Kumara Wakjira, Directeur général de l’Autorité éthiopienne pour la conservation de la faune sauvage. « La tâche sera difficile, mais nous sommes déterminés à garantir la protection de ces paysages afin de favoriser les déplacements du cobe et d’autres espèces migratrices en Éthiopie à l’avenir. »

Les itinéraires de migration du cobe et du tiang, désormais clairement cartographiés entre leurs aires de répartition saisonnières, mettent en évidence les corridors essentiels à leur survie dans les conditions saisonnières extrêmes. Dans un contexte marqué par l’expansion des populations humaines et des infrastructures, ces cartes détaillées fournissent des informations indispensables pour atténuer les incidences des projets à grande échelle, en particulier les projets d’infrastructures énergétiques.

L’extraction de pétrole est une préoccupation urgente, notamment dans la zone de développement connue sous le nom de « Bloc B2 », exploitée par le Fonds stratégique pour les carburants (SFF) d’Afrique du Sud et la société publique Nilepet du Soudan du Sud, qui comprend des zones essentielles pour les migrations du cobe et du tiang. En l’absence d’une planification approfondie et éclairée, l’exploration pétrolière qui doit commencer en 2025 pourrait gravement perturber la migration de la faune sauvage, accroître l’empiètement par l’humain et intensifier la chasse illégale. L’augmentation des cas de prélèvement illégal de tiangs le long des routes montre d’ores et déjà qu’il est essentiel de concevoir les infrastructures en tenant compte de la protection de la faune et de la flore sauvages.

Fleuve Nil à Boma et dans le parc national de Badingilo, Sud-Soudan © Marcus Westberg

« Les humains et la faune sauvage partagent ce paysage depuis la nuit des temps et, malgré les pressions nouvelles qui apparaissent, ils peuvent continuer à le faire, » a déclaré Grant Hopcraft, membre de l’équipe scientifique consultative de GIUM, qui a dirigé les analyses et la cartographie des migrations. « Si elles sont utilisées, ces cartes des migrations, qui s’appuient sur les meilleures données scientifiques disponibles, seront des outils importants pour garantir l’équilibre entre les besoins de la faune et ceux des humains. »

Au Soudan du Sud, il est urgent d’adopter des mesures de conservation reposant sur une gestion efficace et sur la collaboration avec les communautés locales. L’augmentation du commerce illégal d’animaux sauvages et les incidences potentielles de l’extraction pétrolière soulignent l’importance de protéger la faune migratrice de la région. Le Soudan du Sud et l’Éthiopie ont une occasion unique de préserver l’un des phénomènes naturels les plus remarquables du monde au profit des générations futures : ils pourront tirer parti de la conservation et du tourisme pour assurer une croissance économique durable.

« Nous nous consacrons ici, au Soudan du Sud, à la conservation et à l’étude des migrations qui non seulement sont importantes au niveau mondial, mais font partie de notre identité nationale, » a déclaré Malik Morjan, professeur en biologie de la faune sauvage à l’Université de Djouba, au Soudan du Sud, qui a fourni des données précieuses pour l’élaboration des cartes.

Le travail de cartographie des migrations de ces espèces contribue au mandat plus global de la CMS visant à traiter les questions de connectivité écologique. Lors de la quatorzième session de la Conférence des Parties à la CMS, le Partenariat mondial pour la connectivité écologique a été lancé pour soutenir l’intensification des efforts mondiaux visant à restaurer et à conserver la connectivité écologique, essentielle pour les espèces migratrices et vitale pour la santé des écosystèmes. La conservation des espèces migratrices et la préservation des mouvements spectaculaires de la faune sauvage contribuent directement à la réalisation des principaux engagements mondiaux, tels que le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et les objectifs de développement durable des Nations unies.

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NOTES POUR LES RÉDACTEURS:

Ressources médiatiques

 

À propos de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS)

Traité environnemental des Nations Unies, la CMS constitue une plateforme mondiale pour la conservation et l’utilisation durable des animaux migrateurs et de leurs habitats. Ce traité unique rassemble les États et les experts des espèces sauvages pour répondre aux besoins de conservation des espèces migratrices terrestres, aquatiques et aviaires et de leurs habitats dans le monde entier. Depuis l’entrée en vigueur de la Convention en 1979, le nombre de ses membres n’a cessé d’augmenter pour atteindre 133 Parties venant d’Afrique, d’Amérique centrale et du Sud, d’Asie, d’Europe et d’Océanie. Pour en savoir plus, veuillez consulter le site www.cms.int/fr

*Le cobe de Buffon à oreilles blanches (Kobus kob leucotis) est inscrit à l’Annexe II de la CMS, qui couvre les espèces migratrices dont l’état de conservation est défavorable et dont la conservation et la gestion nécessitent des accords internationaux. Cette annexe comprend également des espèces dont l’état de conservation bénéficierait considérablement de la coopération internationale qu’encouragerait un accord international.

À propos de l’Initiative mondiale sur la migration des ongulés (GIUM)

L’Initiative mondiale sur la migration des ongulés a été créée en 2020. Cette initiative vise à œuvrer de concert pour : 1) créer un atlas mondial sur la migration des ongulés (un inventaire) en s’appuyant sur des données de suivi et des connaissances d’experts ; 2) stimuler la recherche sur les moteurs, les mécanismes et les solutions de conservation communs à la migration des ongulés dans le monde entier, ainsi que sur les menaces y afférentes. Les participants à l’Initiative sont des experts mondiaux qui représentent les principales régions terrestres de la planète et sont spécialistes de la plupart, sinon de la totalité, des plus longues migrations au niveau mondial. L’Initiative s’emploie à stimuler les efforts de conservation dans le monde entier en partageant et en examinant des approches nouvelles, en cours et éprouvées pour préserver les corridors de migration dans de vastes ensembles naturels. Découvrez l’Atlas sur le site www.cms.int/gium

À propos du Partenariat mondial sur la connectivité écologique

En février 2024, lors de la quatorzième Conférence des Parties (COP14) à la Convention sur la conservation des espèces migratrices de la faune sauvage (CMS), le Partenariat mondial sur la connectivité écologique (GPEC) a été lancé. L’objectif principal du GPEC est de garantir la préservation, l’amélioration et la restauration de la connectivité écologique dans les lieux importants pour les espèces migratrices. Sa création est une réponse directe aux conclusions et recommandations du rapport phare de la CMS intitulé « La situation des espèces migratrices dans le monde ». Plusieurs organisations ont rejoint ce partenariat établi par la CMS, aux côtés de plusieurs Parties à la CMS participant à cette initiative.

Pour en savoir plus sur le GPEC, veuillez consulter le site www.cms.int/en/page/global-partnership-ecological-connectivity-gpec

CONTACT PRESSE:

Pour plus d’informations ou pour toute demande d’entretien, veuillez contacter Aydin Bahramlouian, Responsable de l’information publique au sein du Secrétariat de la CMS, au numéro +49 228 815 2428 ou à l’adresse, [email protected]

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